Pourquoi faut-il écrire courir mais nourrir, donner mais donation, courtisane mais paysanne, modèle mais aquarelle, secrète mais nette, férié mais ferrure, esbroufe mais étouffe ?
La règle
Les consonnes doubles sans effet sur la prononciation sont simplifiées.
Au besoin, les e précédents deviennent é (nettoyer → nétoyer), è (lierre → lière) ou a (précédemment → précédament). On utilise è quand la voyelle suivante est un e muet, sinon on utilise é (même logique que collège/collégien, crème/crémeux, Seb/Sébastien).
L’étude
La démarche qui a mené à cette règle, son analyse et son énoncé précis sont décrits dans le dictionnaire de l’orthographe rationalisée du français (version papier), qui lui-même rassemble les études Érofa individuelles, dont Simplifier les consonnes doubles (version papier). Le changement e → a a été ajouté après la publication de ces études.
Pourquoi cette règle
Cette règle réduit une difficulté importante pour ceux qui apprennent à écrire le français. Dans le système proposé, les consonnes ne sont doublées que si la prononciation l’exige (poisson, accident).
Là où la prononciation n’exige pas une consonne double, le doublement est souvent arbitraire et peu justifié dans l’orthographe actuelle. Par exemple : pourquoi sonner/sonnette mais sonore/supersonique, donner mais donateur, chatte mais chaton, paix/apaiser mais pauvre/appauvrir ? Ce n’est pas l’étymologie qui prône : les consonnes sont conformes au latin dans sonore, chatte, appauvrir, mais pas dans sonner, chaton et apaiser (et quand bien même, les consonnes doubles en latin étaient logiques car elles notaient une prononciation spécifique). Même les adultes peuvent s’y perdre : pourquoi fonctionnel et rationnel mais fonctionnalité et rationalité ?
De plus, la règle réduit les exceptions touchant les consonnes doubles préservées. Ainsi, actuellement le emm de flemme et emmener se prononcent différemment. Cette exception disparait quand on écrit flème mais emmener inchangé.